Actualités Technologiques

Voici pourquoi vous recevez de nombreux e-mails concernant le suivi des pixels

Voici pourquoi vous recevez de nombreux e mails concernant le suivi.jpg

La CNIL exige désormais le consentement préalable des internautes avant l’utilisation de pixels espions dans les emails marketing, règle entrée en vigueur le 14 juillet 2026. C’est pourquoi vous avez reçu différents emails à ce sujet.

Email Mail Logo de l'application Apple

Une avalanche de demandes pour s’opposer aux pixels espions

Cette nouvelle exigence découle d’une recommandation adoptée par la CNIL le 12 mars 2026 et publié le 14 avrilavec un délai de mise en conformité de trois mois avant son application effective. Les pixels espions, ces images invisibles insérées dans les emails, permettent de savoir si un message a été ouvert et de récolter des données comme l’adresse IP, la date d’ouverture ou le client de messagerie utilisé. Jusqu’ici dans une zone grise juridique, ces traceurs relèvent désormais du régime de l’article 82 de la loi Informatique et Libertés, au même titre que les cookies.

Toutefois, trois exceptions permettent de continuer à utiliser ces pixels sans consentement préalable : les mesures de sécurité comme l’authentification, le suivi de la délivrabilité des campagnes et les emails transactionnels comme les confirmations de commande ou de livraison. Pour toutes les autres utilisations marketing, le consentement doit être éclairé, ce qui implique une explication claire de la finalité du pixel et doit rester révocable à tout moment par l’utilisateur.

L’entrée en vigueur de cette règle a provoqué une large mobilisation des éditeurs, qu’il s’agisse de banques, de médias ou de plateformes. Pour les abonnés déjà présents dans leurs bases de données, les entreprises doivent simplement les informer de l’utilisation des pixels et leur offrir la possibilité de s’y opposer, sans passer par un lien de désabonnement classique. Comme indiqué SuivantDeezer a par exemple envoyé un message à ses utilisateurs, précisant que « si vous ne souhaitez pas que nous adaptions nos messages en fonction de vos interactions, vous pouvez le refuser dès maintenant en cliquant sur ce lien d’opposition » et ajoutant que l’absence de réponse signifierait l’utilisation continue des pixels de suivi d’ouverture.

Pour les nouveaux abonnés en revanche, l’obligation devient plus stricte puisqu’un consentement explicite doit être obtenu avant même l’envoi des premiers emails marketing.

Comment se protéger côté utilisateur

Les internautes disposent de plusieurs moyens pour limiter leur exposition à ces pixels espions dans les emails, quelles que soient les démarches entreprises par les éditeurs. Parmi eux :

  • Bloquer le chargement automatique des images dans les paramètres de messagerie, une option disponible sur Apple Mail, Outlook, Thunderbird, Gmail, Proton ou Tuta
  • Installer des extensions spécialisées dans le blocage des pixels de suivi
  • Restez vigilant sur les liens cliqués dans les e-mails, car le blocage des pixels n’empêche pas le suivi via les liens de suivi intégrés dans les messages.

Cette évolution réglementaire s’inscrit dans la continuité du cadre des cookies déjà appliqué au Web classique, dans le but de renforcer le contrôle des utilisateurs sur leurs données personnelles face à des pratiques de traçage longtemps restées invisibles.

Shares:

Related Posts