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Elections municipales 2026 : 16% des Français ont consulté une IA pour voter

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L’intelligence artificielle a déjà trouvé sa place dans l’isoloir, du moins pour certains électeurs. Selon une étude publié par Terra Nova, 16% des Français ont utilisé un outil d’IA pour faire leur choix lors du premier tour des élections municipales 2026 le 15 mars.

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L’enquête, basée sur un sondage réalisé le jour du scrutin par Toluna Harris Interactive auprès de 4 145 électeurs dans des communes de 3 500 habitants ou plus, distingue trois usages. Pour 7% des personnes interrogées, l’IA conforte avant tout un choix qu’ils avaient déjà fait. Pour 5 %, cela a contribué à les faire changer d’avis. Et 4% l’ont utilisé pour décider alors qu’ils ne savaient pas encore pour qui voter.

Ce rôle dans les décisions électorales reste cependant plus large que son utilisation comme simple source d’information. Lors de la campagne, 11 % des Français ont déclaré avoir consulté un outil d’IA générative pour s’informer. Cela en fait la source la moins citée de l’étude, loin derrière les tracts, cités par 59% des votants, les professions de foi à 57%, les discussions avec les proches à 47% et les réseaux sociaux à 32%.

Utilisation très inégale selon les profils

Les différences sont particulièrement nettes selon le sexe, l’âge et le lieu de résidence. Deux fois plus d’hommes que de femmes ont utilisé l’IA pour empêcher leur vote, avec 20 % contre 10 %.

La fracture générationnelle est encore plus marquée. Chez les 18-24 ans, 35% des votants déclarent en avoir eu recours, contre seulement 1% des plus de 75 ans.

Le fossé territorial va dans le même sens. La consommation atteint 22 % dans la métropole parisienne, contre 7 % en zone rurale. Jean-Daniel Lévy, auteur de l’étude et directeur du département Politique & Opinion de Toluna France, explique cet écart par une relation plus directe entre élus et électeurs dans les petites communes, qui réduit le besoin d’un outil de médiation.

Il estime que l’IA reste pour l’instant davantage un outil de confirmation qu’un véritable moteur de décision. Son usage reste minoritaire, mais il pourrait prendre une autre dimension lors de la prochaine élection présidentielle. L’enjeu, selon lui, dépasse déjà la seule question de l’utilisation de ces outils. La véritable ligne de fracture concernera ceux qui les conçoivent, la manière dont l’information est hiérarchisée et les garde-fous qui régissent leur influence. Un déplacement de quelques points seulement pourrait, à long terme, avoir de réelles conséquences politiques.

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