Un rapport du Sénat appelle la France à privilégier une intelligence artificielle plus sobre afin de réduire l’empreinte environnementale de cette technologie. Les sénateurs proposent notamment de développer des centres de données sur le territoire français, afin de mieux mesurer leur impact et de promouvoir des modèles d’IA qui consomment moins de ressources.

La commission de l’aménagement du territoire et du développement durable a adopté à l’unanimité son rapport après neuf mois de travail et l’audition d’une soixantaine d’intervenants. Les orateurs Guillaume Chevrollier, Damien Michallet et Simon Uzenat soulignent que l’IA amplifie la pression environnementale liée au numérique, notamment en raison de la consommation d’électricité des centres de données, du besoin en minéraux critiques, de l’utilisation de l’eau et de l’artificialisation des terres.
Cependant, le rapport du Sénat met en avant un atout particulier pour la France : son mix électrique affiche l’une des plus faibles intensités en carbone au monde. Selon le rapport, 95 % de l’électricité française est décarbonisée et cette caractéristique, combinée à l’accessibilité des terrains et à la qualité du réseau électrique, constitue un argument pour attirer de nouvelles infrastructures dédiées à l’IA.
Cette stratégie soutient déjà des dynamiques d’investissement significatives. En 2025, la France se positionnera au premier rang mondial en matière d’investissements dans les centres de données et au troisième en Europe en termes de puissance installée, selon les intervenants.
16 recommandations pour développer une IA plus sobre
Le rapport émet 16 recommandations articulées autour de trois axes :
- améliorer la performance environnementale des centres de données
- soutenir le développement d’une IA responsable
- mieux mesurer l’empreinte des usages
Les sénateurs plaident notamment pour la création d’une norme européenne commune et d’un score écologique pour les principaux modèles linguistiques.
La mission souhaite également renforcer la transparence en matière de consommation des ressources. Elle recommande d’harmoniser les analyses de cycles de vie des systèmes d’IA, de développer des modèles spécialisés en consommation énergétique réduite et de mobiliser les marchés publics pour accélérer l’adoption de technologies moins coûteuses.
Le rapport relève également que l’impact actuel reste difficile à quantifier précisément. Selon le document, une requête dirigée vers une IA générative consommerait environ dix fois plus d’électricité qu’une recherche classique sur Google, tandis que la consommation énergétique mondiale liée à l’IA demeure limitée mais croît rapidement en raison des besoins accrus en calcul.
Les bénéfices écologiques potentiels de l’IA sont également difficiles à mesurer. Le rapport estime que l’intelligence artificielle peut contribuer à la transition environnementale, mais considère que ce potentiel n’est pas encore pleinement exploité et qu’il n’existe aujourd’hui aucun consensus pour affirmer que ces avantages compensent son empreinte.






