L’Autorité de la concurrence alerte sur le risque de renforcer la domination des grandes plateformes à mesure que se développent les agents d’intelligence artificielle. Trois acteurs (OpenAI, Google et Anthropic) détiennent déjà 84 % de ce marché émergent, selon les données du régulateur qui font le lien avec le commerce en ligne.

Dans son rapportl’Autorité de la concurrence identifie ces agents d’IA comme des intermédiaires de plus en plus incontournables pour accéder aux services numériques. Elle indique que« en proposant à leurs utilisateurs l’accès à une variété toujours plus grande de services et d’informations dans leur interface, les agents IA se positionnent comme des intermédiaires de plus en plus importants pour accéder aux services numériques ». Cette évolution comporte, selon l’institution, un risque de « cristalliser l’activité de ce secteur autour de quelques acteurs, occultant les processus d’achat et privant les consommateurs finaux de la possibilité d’un choix éclairé ». Benoît Coeuré, président de l’Autorité, affirme que l’intelligence artificielle rebat les cartes de la concurrence.
Les agents IA ne représentent actuellement que 5 % du trafic dirigé vers les sites marchands en ligne, mais l’Autorité anticipe une augmentation rapide de cette part qui pourrait atteindre 20 % à 25 % d’ici 2030. Cette montée en puissance s’accompagne de l’émergence du commerce agent, où des agents IA autonomes effectuent directement des achats de produits et services pour le compte de l’utilisateur. Ce modèle reste indisponible en France à ce jour, mais l’Autorité de la concurrence anticipe un développement rapide sur le territoire, à l’image d’OpenAI qui a déjà lancé aux Etats-Unis une fonctionnalité permettant d’acheter sans quitter son chatbot ChatGPT.

Des normes pour limiter la concentration
Face à ces risques, l’Autorité de la concurrence formule plusieurs recommandations destinées à préserver la concurrence sur ce marché émergent. Elle recommande aux pouvoirs publics de mettre en œuvre le cadre réglementaire existant, tout en appelant les acteurs du secteur à promouvoir l’interopérabilité et la portabilité entre leurs systèmes, tout en garantissant des standards ouverts. L’institution insiste également sur la nécessité de préserver la capacité des utilisateurs à comparer les offres disponibles et annonce son intention de maintenir une surveillance attentive de l’évolution de ce marché encore largement concentré autour de trois acteurs dominants.





