La France met fin au 1er juillet à sa taxe nationale de 2 euros sur les petits colis, quatre mois après son entrée en vigueur le 1er mars 2026. Le gouvernement bascule vers le nouveau droit de douane européen de 3 euros, après avoir constaté que Shein, Temu et AliExpress contourné massivement le système français via les pays voisins, dont la Belgique.

Une taxe de 3€ dès demain sur les petites parcelles
La suspension intervient à la veille de l’entrée en vigueur du prélèvement européen, alors qu’un cumul de 5 euros (2 euros + 3 euros) devait d’abord s’appliquer jusqu’en novembre. Le gouvernement a finalement renoncé à cette double imposition. Le cabinet du ministre du Commerce Serge Papin justifie ce choix auprès de l’AFP : « Comme nous sommes dans un marché unique et que nous travaillons avec nos partenaires européens, il n’est plus justifié de conserver uniquement notre taxe sur les petits colis. »
Serge Papin assume un changement de ligne rapide. Le ministre du Commerce parle de« suspension tactique » Pour « laissons la fiscalité européenne s’installer ». Le gouvernement estime qu’un système purement français n’a plus de sens à partir du moment où l’Europe a pris le relais.
La France présente d’ailleurs cette suspension comme l’aboutissement de sa stratégie. Le cabinet de Serge Papin déclare : « Notre objectif était (…) de pousser l’Europe à prendre des mesures » Et « nous avons gagné notre cause ». Du côté du ministère de l’Économie, le cabinet de David Amiel (ministre de l’Action et des Comptes publics de la France) résume la séquence avec une formule simple : « La France a vraiment été pionnière ».
La taxe européenne de 3 euros entre en vigueur ce mercredi 1er juillet 2026. Elle doit ensuite laisser place à un dispositif européen définitif en novembre 2026. La France cherche ainsi à s’aligner sur le marché unique et éviter un handicap de prix par rapport à ses voisins.
Le contournement a vidé l’impôt français de son champ d’application
En fait, la taxe française a été largement neutralisée par les circuits logistiques des plateformes chinoises. Selon les estimations du gouvernement, 90 % des volumes étaient détournés via d’autres pays européens, notamment la Belgique, avec un acheminement par avion puis par route vers la France. Le cabinet de Serge Papin le reconnaît à sa manière : « On aime nos amis belges, mais ce n’est pas normal (…) qu’il n’y ait qu’eux qui récupèrent leur monnaie ».
L’exécution budgétaire a rapidement confirmé l’échec du système. La taxe n’a rapporté que 2,3 millions d’euros par mois, bien loin des 400 millions d’euros annuels prévus. Cette faiblesse a renforcé l’idée qu’une approche nationale ne pouvait pas résister à des plateformes capables de déplacer leurs flux à l’échelle européenne.
La France suit également une trajectoire déjà prise ailleurs, l’Italie ayant également suspendu sa mesure. Cette volte-face reflète une réalité simple : face à Shein, Temu et AliExpress, la régulation ne peut fonctionner qu’au niveau de l’Union européenne. La France maintient la cohérence politique de son initiative, mais reconnaît implicitement que la taxe nationale n’a plus d’impact sur les petits colis de marchandises en provenance de Chine.






