L’Australie souhaite renforcer l’interdiction des réseaux sociaux pour les moins de 16 ans. Le gouvernement a présenté un texte qui doublerait l’amende maximale encourue par les plateformes qui ne prendraient pas les mesures nécessaires pour empêcher les mineurs de créer ou de maintenir un compte. Le plafond passerait ainsi de 49,5 à 99 millions de dollars australiens.
eSafety obtient des pouvoirs d’enquête élargis
La réforme doit renforcer les moyens d’action de l’eSafety Commissioner, le régulateur australien chargé de la sécurité en ligne. L’autorité pourrait exiger des documents internes des entreprises concernées, mais également demander des preuves à des fournisseurs tiers, notamment des spécialistes de la vérification de l’âge et des magasins d’applications.

Ces nouveaux pouvoirs visent à établir plus clairement si les groupes technologiques remplissent effectivement leurs obligations. Facebook, Instagram, Snapchat, TikTok et YouTube font toujours l’objet d’enquêtes pour d’éventuelles violations du système, entré en vigueur en décembre 2025.
Des résultats toujours contestés
Canberra assure que plus de cinq millions de comptes détenus par des moins de 16 ans ont été supprimés, désactivés ou restreints depuis le lancement de la mesure. Mais plusieurs études mettent en évidence les difficultés concrètes de son application. La Fondation Molly Rose affirme que 61 % des jeunes de 12 à 15 ans interrogés ont encore accès aux réseaux sociaux.
Une étude de l’Université de Newcastle va plus loin et suggère que plus de 85 % des adolescents australiens de moins de 16 ans continuent d’utiliser ces services. Faux profils, contrôles d’âge limités ou contournements techniques restent autant de défauts possibles.
Un test observé au-delà de l’Australie
Le texte doit encore être adopté par le Parlement, mais il confirme néanmoins la volonté de l’Australie de faire porter la responsabilité aux plateformes plutôt qu’aux familles. Cette expérimentation est suivie de près par plusieurs pays : sa réelle efficacité pourrait peser sur l’avenir des restrictions d’âge appliquées aux réseaux sociaux dans le reste du monde.






