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L’Australie envisage de permettre la désactivation des algorithmes sur les réseaux sociaux

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L’Australie souhaite contraindre les réseaux sociaux à offrir à leurs utilisateurs la possibilité de choisir entre un fil d’actualité personnalisé par algorithmes et un fil limité aux comptes qu’ils suivent. Le projet « Mon Fil, Ma Façon » proposé par le gouvernement vise à rendre cette option clairement visible, au lieu de la dissimuler dans différents menus. Facebook, Instagram, TikTok, YouTube et les autres plateformes concernées devront donc reconsidérer leur mode de paramétrage par défaut. Ce texte n’est pas encore adopté, une consultation devant précéder sa présentation au Parlement d’ici fin 2026.

L'Australie et les réseaux sociaux 1

Un fil sans recommandations devrait devenir un véritable choix

Un fil utilisant des algorithmes ne se limite pas à classer les publications par date. Il prend en compte divers éléments tels que les comptes consultés, les vidéos visionnées intégralement, les réactions et les sujets associés pour proposer des contenus qui peuvent provenir de comptes non suivis par l’utilisateur. Bien que ce système facilite la découverte de nouveaux contenus, il accorde également une influence significative à la plateforme sur l’attention des utilisateurs et l’ordre des sujets présentés.

La proposition australienne vise à établir une logique explicite de choix. Les utilisateurs pourront opter pour des recommandations personnalisées ou sélectionner un fil composé uniquement des publications de leurs amis et créateurs suivis. Le gouvernement n’a pas encore précisé si ce second mode devra être strictement chronologique ni si la préférence serait maintenue après la clôture des candidatures. Ces détails sont essentiels pour déterminer si cette mesure impactera réellement l’expérience quotidienne des utilisateurs.

L’Union européenne impose déjà aux très grandes plateformes, via le Digital Services Act, de proposer une option sans profilage. Cependant, les retours montrent qu’une telle fonction peut exister tout en étant à peine discernable ou facilement réinitialisée. Une décision néerlandaise a contraint Meta à revoir le choix de flux sur Facebook et Instagram. L’Australie affirme vouloir simplifier et pérenniser ce choix.

Des amendes atteignant jusqu’à 109,2 millions de dollars australiens

Le régulateur eSafety sera chargé de la surveillance. Les entreprises qui ne respecteraient pas ces nouvelles obligations pourraient faire face à des amendes allant jusqu’à 109,2 millions de dollars australiens, soit environ 79 millions de dollars américains au taux indiqué dans l’annonce. Il est toutefois important de noter que ce montant maximal ne signifie pas qu’une telle sanction sera systématiquement appliquée : il sera nécessaire de définir les infractions, les procédures et les critères d’évaluation.

Le projet exige également que les plateformes identifient les risques de préjudice qu’elles détectent en Australie et prouvent l’efficacité de leurs mesures. Dans le même temps, eSafety obtiendrait davantage de pouvoir pour imposer la suppression rapide de contenus illégaux, nuisibles ou liés à la nudité. Les défenseurs de la liberté d’expression expriment des inquiétudes quant à une éventuelle obligation de suppression trop large qui pourrait inciter les services à supprimer des contenus licites par précaution.

Le débat ne se limite donc pas à un simple bouton. Il est essentiel de distinguer l’autonomie laissée à l’utilisateur de la modération imposée par la loi. Récemment, nous avons évoqué le constat européen selon lequel la conception addictive de Facebook et Instagram contrevient aux règles numériques. Un fil de discussion choisi peut atténuer certaines recommandations insistantes, sans pour autant supprimer les notifications ou la lecture automatique, qui prolongent l’utilisation.

L’Australie étend sa stratégie au-delà des mineurs

Au départ, Canberra s’était concentrée sur l’âge d’accès. Toutefois, les premiers mois ont révélé les limites d’une interdiction difficile à surveiller : l’utilisation des réseaux sociaux par les mineurs australiens a de nouveau augmenté malgré le nouveau cadre. En visant désormais l’architecture des plateformes, le gouvernement agit sur le fonctionnement des services plutôt que de se limiter à l’identité de leurs utilisateurs.

Cette initiative pourrait également servir de test grandeur nature pour d’autres pays. Bien qu’un fil non personnalisé soit techniquement réalisable, les recommandations augmentent généralement le temps passé sur les plateformes et les opportunités de diffusion publicitaire. Les plateformes pourraient donc être peu motivées à rendre cette option réellement attractive. Le contrôle devra s’assurer de la clarté de l’ordre proposé, de la persistance du réglage et de l’absence de sollicitations répétées pour revenir au mode personnalisé.

« Mon Fil, Ma Façon » demeure à ce jour une proposition et non une fonctionnalité disponible dans toutes les applications. Son impact dépendra moins de l’existence formelle d’une alternative que de sa simplicité : il est crucial que le choix soit compréhensible, mémorisé et accessible sans parcours trompeur. Si ces conditions sont intégrées dans la loi finale, l’Australie pourrait réussir à transformer le fil non profilé d’une option discrète en un cadre véritablement utilisable.

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