WEB

Hausse de prix de l’API X/Twitter : une start-up française obtient gain de cause contre le réseau social

X Twitter Logo Icone.jpg

Le Tribunal des Activités Economiques de Paris a contraint X/Twitter à baisser significativement le prix de son API dans le cadre de son litige avec la start-up française Agorapulse. La juridiction impose un tarif mensuel de 49 000 $ pendant 15 mois, bien loin des 225 000 $ facturés jusque-là et des 250 000 $ attendus à partir de juin.

Icône du logo X Twitter

Après dix ans de relation entre les deux sociétés, le tribunal estime que la hausse du prix des API imposée en 2025 constitue une rupture partielle brutale des relations commerciales, tout en constatant un déséquilibre important dans leurs échanges.

La portée du jugement dépend également de l’analyse des rapports de force. La justice considère que X est en situation de monopole de fait sur les données qu’il détient et, par extension, sur l’outil qui en conditionne l’accès, à savoir son API. Autrement dit, le tribunal voit non seulement une entreprise qui augmente ses prix, mais un acteur dont l’infrastructure est devenue essentielle pour l’entreprise qui en dépend.

Outre le tarif réduit imposé sur quinze mois, le réseau social appartenant à Elon Musk devra verser 50 000 euros de frais de justice à l’entreprise française.

Agorapulse, start-up française spécialisée dans les outils de gestion des réseaux sociaux et comptant 140 salariés, dépend de l’API X pour faire tourner une partie de ses logiciels. Son gérant, Emeric Ernoult, estime l’effet du jugement à plus de 3 millions d’euros d’économies.

Un répit financier, mais pas de solution durable

Émeric Ernoult, le patron d’Agorapulse, a salué cette décision auprès de l’AFP, tout en refusant d’y voir un règlement définitif. Il parle de« un répit et non une solution durable »ce qui résume bien la fragilité du compromis imposé par le tribunal : le prix de l’API est contrôlé, mais seulement pour une durée limitée.

Le dirigeant relie également directement la politique tarifaire de X aux difficultés sociales que traverse son entreprise. Il affirme que la hausse soudaine des prix a conduit Agorapulse à supprimer 23 postes fin 2025.

Le dirigeant insiste enfin sur la nature de son action. « Je l’ai fait pour défendre nos intérêts, ce n’est pas un combat politique »affirme-t-il, en recentrant le cas sur la survie économique d’un éditeur de logiciels face à un réseau social devenu incontournable.

Shares:

Related Posts