Le Premier ministre Sébastien Lecornu a appelé à la création d’une « nouvelle unité cyber » au sein de l’Agence Nationale de la Sécurité des Systèmes d’Information (ANSSI), dont la mission sera d’intervenir en première ligne face aux cyberattaques en France. Cette initiative fait suite à la confirmation par la Direction générale des finances publiques (DGFiP) de piratages ayant exposé les données de 678 000 personnes.

Dans une lettre adressée au secrétaire général de la Défense et de la Sécurité nationale, dont les services supervisent l’ANSSI, le Premier ministre a clairement exprimé sa demande : « Je vous demande de constituer une équipe de contact composée d’agents de l’ANSSI et chargée d’intervenir en première ligne en cas de suspicion d’atteinte grave à l’intégrité du système d’information de l’Etat. » Cette équipe devrait offrir la réactivité essentielle qui fait actuellement défaut, au regard de la fréquence des attaques visant l’administration.
Cette démarche s’inscrit en réponse aux deux intrusions identifiées par la DGFiP en juin et juillet, qui ont permis à des hackers d’accéder à des informations personnelles, telles que les noms, revenus, quotients familiaux et taux de prélèvement à la source, concernant 678 000 individus. Par ailleurs, le Premier ministre a sollicité un audit de l’ANSSI pour mesurer l’étendue des vulnérabilités ayant facilité ces intrusions successives.
Le Premier ministre critique le niveau de sécurité actuel
Sébastien Lecornu a été très critique concernant l’état de la cybersécurité au sein de l’administration, notant que peu de ministères respectent le niveau de sécurité nécessaire face aux menaces : « Ce n’est pas acceptable. » Il a souligné l’urgence de mettre en place une réponse opérationnelle plus efficace et rapide face aux cyberattaques subies par l’État. « Il est impératif de concevoir et de mettre en œuvre immédiatement une réponse opérationnelle plus réactive et robuste face aux cyberattaques auxquelles l’État fait actuellement face. Il est temps de reprendre l’initiative sur le terrain. » Ces propos figurent dans sa lettre, dont l’AFP a pu obtenir une copie.
Devant cette situation jugée intolérable, Sébastien Lecornu a formulé trois demandes distinctes, qui organisent sa réponse immédiate :
- La réalisation d’un audit par l’ANSSI pour évaluer les failles ayant permis les récentes intrusions
- La création d’une équipe d’intervention dédiée aux cyberattaques graves visant l’État, composée d’agents de l’ANSSI
- Une proposition concrète pour l’organisation de cette nouvelle unité, prévue pour être fournie dès vendredi
Cette mobilisation intervient alors que la France représente une cible particulièrement attrayante pour les hackers, en raison de l’importance de ses données administratives et des lacunes persistantes dans sa défense, un constat qui a été réaffirmé par l’affaire des 200 000 comptes cadastraux volés.






