Nvidia, Microsoft, Meta, Mistral et d’autres unissent leurs forces pour vanter les avantages des modèles d’IA ouverts. Même OpenAI, créateur de ChatGPT, a finalement rejoint le groupe, avec la lettre ouverte qui compte désormais près de 80 signataires, contre 25 initialement. Mais il y a un absent de marque dans la liste : Anthropic, créateur de Claude.

Une coalition qui s’élargit à mesure que le débat s’intensifie
Cette mobilisation intervient alors que le modèle chinois Kimi K3, développé par Moonshot AI et sorti en poids ouvert, cristallise les tensions autour de la place des modèles ouverts dans l’écosystème mondial de l’IA. Sam Altman, patron d’OpenAI, se dit » ravi « de cette initiative, tout en soulignant sa volonté de voir les Etats-Unis gagner cette bataille, tant dans le domaine des modèles ouverts que dans celui des modèles propriétaires (comme ChatGPT).
La liste des premiers signataires rassemblait déjà des poids lourds de l’industrie : Nvidia, Microsoft, Mozilla, Meta, Mistral, Hugging Face, Perplexity, Palantir, Dell, IBM, la Linux Foundation, Box et CrowdStrike. Depuis, Google, AMD, Cisco, Cloudflare, GitHub, SpaceX, Palo Alto Networks et Ollama ont rejoint cette coalition, tandis qu’Amazon et Anthropic restent notamment absents de la liste. Jensen Huang, PDG de Nvidia, a personnellement apporté ce message à X (anciennement Twitter), affirmant que « Le monde a besoin à la fois de modèles fermés de pointe et de modèles ouverts de pointe » et présenter les modèles ouverts comme levier de sécurité, d’innovation et de souveraineté technologique.
Les arguments en faveur des modèles d’IA ouverts
La lettre détaille une série d’arguments en faveur des modèles d’IA à poids ouvert, tout en reconnaissant certains risques associés à leur diffusion :
- Un accès plus large aux technologies d’IA, un meilleur contrôle des coûts et la capacité de s’adapter aux besoins spécifiques
- Contrôle renforcé des données, dépendance réduite à l’égard de fournisseurs uniques et souveraineté technologique accrue
- Transparence du fonctionnement des modèles, contribuant à la sécurité collective à l’échelle des écosystèmes
- Risques identifiés : perte de contrôle sur les usages, exposition aux attaques, diffusion de contenus trompeurs, contournement des protections intégrées et complexité accrue des mises à jour de sécurité
- Nécessité d’une infrastructure adaptée pour assurer une exécution et une sécurité satisfaisantes des modèles ouverts
La lettre aborde également la question sensible de la distillation, la technique consistant à entraîner un modèle d’IA sur la base des réponses d’un autre. Les signataires la présentent comme une pratique légitime de formation et d’amélioration des modèles, tout en admettant que les abus posent de réelles questions juridiques. Plutôt qu’une interdiction générale de la distillation, la lettre préconise un traitement ciblé des abus constatés, une position qui prend tout son sens dans le contexte des accusations visant Kimi K3, soupçonné d’avoir été entraîné par distillation à partir du modèle Claude Fable 5 d’Anthropic. C’est en tout cas ce que dit la Maison Blanche.






