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L’Europe accuse TikTok de mal protéger les mineurs

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Les adultes peuvent consulter librement les comptes appartenant à des mineurs sur TikTok, un constat qui pousse la Commission européenne à publier ses conclusions préliminaires après l’ouverture d’une enquête formelle contre le réseau social. L’application, propriété du groupe chinois ByteDance, compte 170 millions d’utilisateurs dans l’Union européenne, dont une proportion importante d’enfants.

Icône du logo TikTok

La protection des mineurs jugée faible

Les comptes privés des utilisateurs âgés de 16 à 17 ans restent visibles publiquement sur Internet, tandis que les 13 à 15 ans peuvent passer de privé à public en quelques clics. Cette fragilité des paramètres de confidentialité expose les jeunes utilisateurs, qui passent en moyenne quatre à cinq heures par jour sur TikTok entre 12 et 15 ans, à des risques concrets : cyberharcèlement, contacts indésirables et comportements prédateurs.

Le porte-parole de la Commission, Thomas Régnier, a formulé l’accusation sans détour : « Le contenu publié par des enfants ne doit jamais être visible par des étrangers ». Cela indique une exposition directe « aux prédateurs, au piégeage d’enfants et au cyberharcèlement »avant d’ajouter ça « nous n’acceptons pas cela » et ça « Les mesures doivent être efficaces ». Cette position s’appuie sur la loi sur les services numériques (DSA) qui impose aux grandes plateformes des obligations renforcées en matière de protection des mineurs.

Si la Commission européenne constate un non-respect, TikTok s’exposerait à une amende pouvant aller jusqu’à 6 % de son chiffre d’affaires mondial annuel, un montant qui reflète le rapport de force en jeu. TikTok a cependant la possibilité de répondre aux conclusions de l’enquête avant toute décision finale. L’entreprise affirme partager l’objectif de protéger les mineurs en ligne, se disant prête à « Considérez les résultats » dans un esprit de « collaboration constructive ».

Pression réglementaire contre les géants de la technologie

Cette enquête ne se pose pas seule : la Commission européenne a déjà pris des mesures répressives contre Meta et Apple dans des affaires similaires liées au numérique. Une précédente enquête ciblant TikTok s’est également concentrée sur la conception considérée comme addictive de l’application, désignant la lecture automatique des vidéos et le défilement infini comme des mécanismes problématiques. Les droits des enfants à la vie privée restent, selon la Commission européenne, insuffisamment protégés dans les 27 États membres de l’Union.

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