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TikTok teste un outil d’IA pour protéger les créateurs des deepfakes

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Pour se protéger contre les clones générés par l’intelligence artificielle, les créateurs devront d’abord confier leur visage et leurs pièces d’identité à TikTok. Ce paradoxe accompagne le lancement d’une fonction anti-deepfake actuellement testée aux États-Unis auprès d’un groupe bénévole de créateurs.

Logo TikTok

Le processus repose sur une vérification d’identité préalable gérée par le prestataire Jumio : le créateur envoie un selfie ainsi qu’une pièce d’identité pour prouver qu’il est bien la personne qu’il prétend être. TikTok scanne ensuite tout le contenu généré par l’IA sur la plateforme et compare les visages détectés à ceux des créateurs enregistrés, avant de soumettre à chacun une liste de correspondances potentielles. Le créateur examine ensuite ces résultats et auto-rapporte les vidéos qui utilisent son visage sans autorisation.

Cette approche reproduit la logique de Content ID, l’outil que YouTube a développé pour identifier les utilisations non autorisées de la musique, avant de l’étendre progressivement aux créateurs, célébrités et agences artistiques pour la détection des visages. TikTok, de son côté, affirme ne pas conserver les documents d’identité soumis lors de la vérification et limiter l’utilisation des données faciales collectées à la seule détection de contenus non autorisés.

Le calendrier réglementaire européen met la pression sur les plateformes

Ce lancement intervient alors que l’article 50 du règlement européen sur l’intelligence artificielle entre en vigueur le 2 août, imposant un marquage obligatoire et lisible par machine pour tout contenu synthétique. Les deepfakes doivent désormais être explicitement signalés comme générés ou manipulés par une IA, sous peine de sanctions qui s’appliqueront après un délai de grâce courant jusqu’au 2 décembre.

Les plateformes qui ne respectent pas cette obligation de marquage s’exposeront à une amende pouvant aller jusqu’à 15 millions d’euros ou 3 % de leur chiffre d’affaires global annuel, le montant le plus élevé étant retenu. Ce calendrier réglementaire place TikTok dans une position où le déploiement rapide d’outils de détection devient autant une réponse aux attentes des créateurs qu’une anticipation des obligations juridiques à venir en Europe.

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