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France Travail teste une IA qui suit les chômeurs et vérifie s’ils recherchent un emploi

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France Travail teste un outil d’intelligence artificielle qui devrait automatiser le choix des dossiers à vérifier, une nouveauté qui inquiète autant qu’elle intrigue. Sur 7.000 demandeurs d’emploi ayant rompu leur contrat à l’amiable, le taux de contrôle s’élève à 50,4% lorsqu’un algorithme intervient, contre 33,2% sans celui-ci.

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Un système de profilage avec IA chez France Travail

Dans un document de France Travail relayé par La Quadrature du Net, en partenariat avec Radio-Franceon apprend que l’IA repose sur un arbre de décision et non sur un modèle génératif comme ChatGPT. L’outil analyse 26 variables pour chaque dossier : présence et ancienneté du CV, reports ou annulations de rendez-vous, refus d’offres d’emploi, activité indépendante déclarée. L’algorithme a été entraîné sur 60 000 dossiers de contrôles passés, ce qui lui permet d’identifier 79 % des cas conduisant à un contrôle approfondi et 64 % de ceux conduisant à une sanction ou une redynamisation du parcours.

Ce système a d’abord été testé sur des licenciements classiques, un public de 7 000 demandeurs d’emploi choisi pour calibrer l’outil avant un déploiement plus large. France Travail envisage désormais d’étendre l’expérimentation à d’autres publics, notamment les allocataires du RSA, obligatoirement inscrits sur les listes depuis le 1er janvier 2025. Ensemble, demandeurs d’emploi et allocataires du RSA représentent un vivier potentiel de 6 millions de personnes.

Une méfiance persistante à l’égard de l’usage

L’algorithme a privilégié dans un premier temps les profils aux revenus les plus faibles, un biais que France Travail attribue à une variable trop discriminante : le salaire journalier de référence, supprimé depuis du modèle. Un deuxième biais lié au niveau de formation a également été atténué, sans disparaître totalement. France Travail défend ses données comme « objectif et quantifiable » et affirme que l’outil ne remplace jamais l’analyse humaine du dossier.

La quadrature du Net qualifié l’outil« opaque et dangereux ». L’association craint une amplification de la répression contre les populations les plus vulnérables, un mécanisme qu’elle dit avoir déjà observé dans des dispositifs similaires déployés à la Caisse nationale d’allocations familiales (CNAF) et à l’Assurance maladie. Sa principale crainte va au-delà de l’outil actuel : elle imagine une évolution vers une IA générative capable, à terme, de suggérer puis d’imposer directement une décision de sanction, sans réelle validation humaine.

Le nombre de contrôles est passé de 200 000 en 2017 à 730 000 en 2025, soit une multiplication par 3,6 en huit ans. En 2024, Gabriel Attal, alors Premier ministre, s’était fixé un objectif encore plus ambitieux : 1,5 million de contrôles d’ici 2027. Cette trajectoire explique en partie l’intérêt de France Travail pour un outil d’IA capable d’automatiser le tri des dossiers, dans un contexte où la main d’œuvre humaine ne suit pas la même courbe que les objectifs chiffrés.

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