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L’Europe veut offrir un accès progressif aux réseaux sociaux aux mineurs

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La Commission européenne réfléchit à un système d’accès progressif aux réseaux sociaux selon l’âge des utilisateurs, avec une interdiction totale pour les mineurs de moins de 13 ans.

Réseaux sociaux TikTok YouTube X Twitter Instagram Facebook

Trois tranches d’âge pour réguler l’accès aux réseaux sociaux

Le dispositif est structuré autour de trois tranches d’âge distinctes, élaborées à partir d’un rapport rédigé par deux experts, l’épidémiologiste française Maria Melchior et le psychiatre allemand Jörg Fegert. Il serait interdit aux enfants de moins de 13 ans d’accéder aux réseaux sociaux (Instagram, TikTok, Snapchat…) et aux chatbots d’intelligence artificielle (ChatGPT, Gemini, Claude…), sauf dans un contexte particulier d’encadrement parental ou pédagogique. Entre 13 et 18 ans, l’accès resterait conditionné à la mise en œuvre par les plateformes d’une vérification fiable de l’âge et à la suppression des fonctions jugées addictives, les États membres conservant la possibilité d’imposer des restrictions plus strictes à cette tranche. A 18 ans, une véritable « majorité numérique » s’appliquerait enfin, ouvrant un accès complet sous réserve de vérification aux contenus réservés aux adultes.

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen justifié cette approche par la nécessité de protéger le développement cérébral des plus jeunes. Elle a déclaré que « L’enfance est une période extraordinaire et délicate pour le développement du cerveau » et ça « Pendant cette phase, les enfants ont besoin de passer du temps dans le monde réel, de jouer, de nouer des amitiés, de faire des erreurs, de construire leur personnalité, avant qu’un algorithme ne le fasse à leur place ». Elle a précisé que « nous devons envisager un accès progressif et gradué pour différents groupes d’âge. »

L’harmonisation face aux disparités nationales

Plusieurs pays européens ont déjà pris les devants avec leurs propres restrictions, la France étant à la tête de ce mouvement avec Emmanuel Macron qui veut interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans à partir de septembre. Viennent ensuite l’Espagne, la Grèce, le Danemark, l’Autriche et la Suède. Cette multiplication des initiatives nationales pousse la Commission européenne à harmoniser les règles pour éviter une rupture des normes à l’échelle du continent. L’Estonie se distingue cependant par son opposition à toute forme d’interdiction, illustrant les tensions qui subsistent entre les 27 Etats membres sur ce sujet.

Des propositions concrètes de la Commission européenne sont attendues après cet été, avant des discussions décisives prévues à l’automne. Les plateformes concernées devront revoir en profondeur leurs systèmes de vérification de l’âge et leurs mécanismes de recommandation, ce qui pourrait bousculer les modèles économiques de géants comme Meta, Snapchat ou TikTok.

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