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L’euro numérique avance, le Parlement européen donne son feu vert

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La commission des affaires économiques du Parlement européen adopté sa position sur l’euro numérique par 43 voix contre 14, avec 1 abstention. Soutenu par la Banque centrale européenne, le projet ambitionne d’être mis en circulation en 2029 pour proposer un portefeuille électronique public et réduire la domination des réseaux américains (Visa et Mastercard principalement) dans les paiements courants.

Pièces en euros

L’initiative, lancée par la Banque centrale européenne en 2021 puis renforcée par un accord des États membres fin 2025, doit encore passer le stade de la séance plénière. Le Parlement européen défend un moyen de paiement « sûr et innovant » permettant de réduire le « dépendance à l’égard de prestataires de services extérieurs à l’Union européenne ».

L’Europe veut reprendre le contrôle des paiements

L’appareil doit créer une version numérique de l’argent liquide, accessible via un portefeuille électronique et conçue pour les paiements instantanés. L’objectif est aussi économique : contourner une partie des commissions perçues aujourd’hui par les intermédiaires privés, avec les américaines Visa et Mastercard notamment en ligne de mire.

Les institutions européennes justifient cette accélération par la fragilité structurelle. Près des deux tiers des paiements par carte dans la zone euro reposent sur des réseaux tiers, tandis que 13 des 21 pays de la zone euro ne disposent pas de système de carte national. Piero Cipollone, membre du conseil d’administration de la Banque centrale européenne, souligne que« Aujourd’hui, l’Europe dépend fortement des normes contrôlées par les grands réseaux internationaux de cartes ».

Cela s’inscrit dans une logique plus large de souveraineté monétaire et technologique. Agnès Bénassy-Quéré de la Banque de France voit dans le projet un « opportunité unique » pour structurer un « écosystème souverain ». Pour les défenseurs du texte, l’euro numérique doit donc devenir un outil politique autant qu’un nouvel instrument de paiement.

Les banques dénoncent un risque pour l’écosystème existant

Le secteur bancaire privé s’oppose cependant au projet de l’euro numérique. La Fédération bancaire française estime que les infrastructures déjà en place, comme le réseau Cartes bancaires en France ou la solution paneuropéenne Wero, répondent déjà à l’enjeu de souveraineté sans créer un nouvel acteur public susceptible de bouleverser l’équilibre du secteur.

La Fédération bancaire française prévient même que le futur système pourrait « affaiblir l’autonomie européenne ». Derrière ces critiques, les banques craignent qu’un euro numérique soutenu par les pouvoirs publics ne cannibalise leurs propres solutions et affaiblisse les investissements déjà réalisés dans les paiements européens.

Le vote de la commission des affaires économiques du Parlement européen montre cependant qu’une majorité politique veut aller plus loin. Si le calendrier est respecté, l’Union européenne disposerait en 2029 d’un levier sans précédent pour tenter de desserrer l’emprise de Visa et Mastercard sur ses transactions quotidiennes.

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