Deux Français sur trois (65%) utilisent l’intelligence artificielle, mais 54% la perçoivent comme une menace et 13% se disent prêts à lui déléguer leur choix électoral pour l’élection présidentielle de 2027, selon une enquête Elabe réalisé pour la région Hauts-de-France et dévoilé vendredi lors du sommet « AI avec nous » à Lille.

Différentes utilisations selon la situation
Si 65% des Français déclarent utiliser l’IA, l’attachement reste limité : 42% la jugent utile dans certaines situations mais facilement remplaçable, et seulement 4% la jugent indispensable dans la vie quotidienne. La révolution est plus perçue qu’elle n’est vécue : 44% des sondés la comparent à l’avènement d’Internet, mais cette conviction ne se traduit pas encore par une réelle dépendance.
Enthousiasme et usage se concentrent sur les mêmes profils. 87% des 18-34 ans utilisent l’intelligence artificielle, 86% des cadres et 76% des étudiants. Chez les 18-24 ans, 73% y voient d’abord une opportunité. En revanche, 46% des personnes de 50 ans et plus n’en utilisent pas, comme 44% des travailleurs et 42% des habitants des zones rurales. Chez ces derniers, la perception est inversée : seuls 37 % des salariés considèrent l’IA comme une opportunité, contre 59 % des cadres.
Aussi, le monde du travail concentre les contradictions les plus vives. Une majorité des personnes interrogées (56 %) prévoient que l’IA améliorera la productivité et l’efficacité professionnelle. Mais dans le même temps, 66% estiment que cela va détériorer le marché du travail. Cette dissonance illustre un rapport à la technologie : utile pour produire plus, mais menaçant pour travailler tout court.
AI s’invite à la présidentielle de 2027
C’est dans le domaine politique que le sondage livre ses chiffres les plus inattendus. Pour l’élection présidentielle de 2027, 42 % des personnes interrogées envisagent de recourir à l’intelligence artificielle. Un tiers pourrait l’utiliser pour connaître les programmes et propositions des candidats. Mais 13 % déclarent pouvoir demander pour qui voter, un chiffre qui remet directement en question la formation du choix électoral à l’ère des modèles génératifs.
Face à cette diffusion rapide, 46 % des Français souhaitent une régulation forte du développement de l’IA, quitte à ralentir l’innovation. Seuls 10 % estiment qu’aucune réglementation n’est nécessaire pour le moment. La demande de contrôle dépasse donc largement le camp de ceux qui rejettent la technologie, signalant que l’inquiétude touche également certains de ses utilisateurs.






