La Commission européenne infligé une amende de 200 millions d’euros au détaillant en ligne chinois Temu, au terme d’une enquête ouverte en octobre 2024, pour avoir permis la vente à ses 130 millions de clients européens de produits illégaux, parmi lesquels des jouets pour bébés présentant un risque d’étouffement et des chargeurs défectueux.

Pour établir l’infraction, la Commission européenne a mandaté ses propres équipes pour effectuer des achats sur Temu en se faisant passer pour de simples clients. Les tests ont révélé qu’une très forte proportion de chargeurs commandés n’avaient pas satisfait aux contrôles de sécurité de base, tandis qu’une forte proportion de jouets pour bébés présentaient des risques de gravité moyenne à élevée, notamment des risques d’étouffement et des niveaux de produits chimiques nocifs supérieurs aux seuils légaux. Ces résultats ont été corroborés par des enquêtes menées par les autorités nationales et les associations de consommateurs.
La Commission conclut que Temu n’a pas rempli ses obligations en omettant d’identifier, d’analyser et d’évaluer avec la diligence requise les risques liés à la vente de produits illégaux sur sa plateforme, une exigence imposée aux grandes plateformes par la loi sur les services numériques (DSA) adoptée en 2022. Henna Virkkunen, vice-présidente de la Commission chargée du numérique, a souligné que « quand ils vendent des produits interdits, ils finissent entre les mains d’un grand nombre d’européens ».
Une amende bien en dessous du plafond légal, que conteste Temu
Le montant de 200 millions d’euros reste loin du plafond autorisé par le DSA, fixé à 6% du chiffre d’affaires annuel de la maison mère PDD Holdings, soit environ 3,2 milliards d’euros sur la base des 53 milliards d’euros de chiffre d’affaires générés l’an dernier. La Commission européenne justifie ce montant réduit par la durée limitée de l’infraction, identifiée il y a moins d’un an. Ce n’est que la deuxième amende infligée au titre du DSA, après les 120 millions d’euros infligés à X, le réseau social d’Elon Musk, fin 2025.
Temu conteste la décision et la juge « disproportionné »et précise que la sanction « se base sur une première évaluation dans le cadre du DSA en 2024 et ne reflète pas l’état actuel de nos systèmes ». La plateforme affirme avoir coopéré avec la Commission et a depuis mis en place des mesures renforcées de gestion des risques. Elle a jusqu’à fin août pour soumettre un plan de mise en conformité à l’UE, sous peine d’amendes périodiques.
Cette décision intervient à la veille d’un débat au sein de la Commission sur les relations UE-Chine, les rivaux de Temu, AliExpress et Shein, étant également dans le collimateur de l’Europe.






