Face à la pression croissante des régulateurs, TikTok renforce ses procédures de vérification de l’âge dans toute l’Europe. Dans les semaines à venir, le réseau social activera de nouveaux systèmes de détection dans l'Espace économique européen, au Royaume-Uni et en Suisse, avec l'objectif clair d'identifier et d'interdire les utilisateurs de moins de 13 ans.

Vérification de l'âge sur TikTok
Le nouveau système est basé sur une analyse automatisée qui évalue l'âge probable d'un utilisateur en fonction de ses données de profil et de son comportement sur l'application. Si la technologie soupçonne qu'un compte appartient à un enfant n'ayant pas atteint l'âge minimum, elle transmet l'alerte à un modérateur spécialisé. C'est ce dernier qui prendra la décision finale de suspendre ou non l'accès.
Cette approche proactive complète les mécanismes existants : tout modérateur examinant un contenu pour d'autres raisons peut désormais signaler des doutes sur l'âge et les utilisateurs peuvent signaler eux-mêmes les comptes suspects. En cas d'erreur, les bannis disposent de recours spécifiques : fournir une pièce d'identité officielle, une autorisation de carte bancaire ou se soumettre à une estimation d'âge via selfie, même si cette dernière méthode a montré ses limites ailleurs.
TikTok, qui prétend déjà supprimer 6 millions de comptes de mineurs par mois dans le monde, reconnaît qu'il n'y a pas de « méthode unique reconnue mondialement » pour confirmer l'âge tout en préservant l'intimité. L'entreprise défend donc une stratégie multi-niveaux, testée lors d'un projet pilote d'un an mené en concertation avec la Commission de protection des données, son principal régulateur européen.
Le spectre d’une interdiction stricte plane en Europe
Ce tour de vis intervient alors que le débat sur l'accès des jeunes aux réseaux sociaux s'échauffe politiquement. L’exemple australien, où une interdiction pour les moins de 16 ans est entrée en vigueur le mois dernier entraînant des fermetures massives de comptes, inspire désormais les dirigeants européens.
Au Royaume-Uni, le Premier ministre Keir Starmer a déclaré que « toutes les options sont sur la table »en regardant de près l'expérience australienne. La Chambre des Lords se prépare également à voter la semaine prochaine sur des propositions similaires. Si un amendement en ce sens est adopté, le parlement britannique pourrait être amené à se prononcer sur une interdiction contraignante dans les prochains mois, poussant des plateformes comme TikTok à anticiper ces futures exigences légales.
En France, Emmanuel Macron a annoncé son intention d'interdire les réseaux sociaux (TikTok, Instagram, Snapchat, Facebook…) aux moins de 15 ans.






