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Acquisition de SFR : retour à trois opérateurs avant 2027 jugé « très improbable »

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Le président de l'Autorité de la concurrence prévient Orange, Bouygues Telecom et Free que le rachat de SFR déclenchera systématiquement une procédure d'enquête de 18 mois. Ce retard rend impossible toute finalisation de l’opération et un retour à trois opérateurs avant fin 2026, même en cas d’accord financier immédiat.

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L'Autorité de la concurrence s'attend à une longue procédure

Même si le dossier n'est pas encore déposé au bureau du régulateur, ses équipes s'apprêtent à traiter le rachat de SFR qui a déjà fait l'objet d'une offre de 17 milliards d'euros, déjà rejetée. Benoît Cœuré, président de l'Autorité de la concurrence, précise aux Echos que l'analyse du dossier nécessitera « très probablement une phase de révision approfondie » qui peut durer 18 mois. Cette étape cruciale impose un calendrier administratif lourd aux différents acteurs.

Benoît Cœuré espère que les opérateurs ont intégré cette contrainte temporelle dans leur stratégie. « Même si un dossier nous était présenté très rapidement, il me semble très peu probable qu'il puisse aboutir avant fin 2026 »il prévient. Pour absorber la charge de travail, l'Autorité pourrait s'appuyer sur la loi de simplification actuellement au Parlement. Ce texte permettrait de relever les seuils de contrôle, libérant des ressources pour se concentrer sur des dossiers structurants comme celui de SFR.

Orange, Bouygues et Free sous menace de reclassement par accord

Le consortium formé par les trois opérateurs concurrents a procédé à un décompte précis des actifs de SFR (réseau, abonnés mobiles, flotte B2B, magasins…) pour tenter d'éviter les foudres du régulateur. L’objectif est de présenter un dossier techniquement recevable qui ne déclenche aucune alerte automatique. Mais ce concours de circonstances oblige l'Autorité de la concurrence à vérifier la nature réelle du pacte.

Les services du régulateur devront trancher une question centrale : cette division préserve-t-elle la concurrence ou organise-t-elle un partage illégal du marché pour que personne ne se marche sur les pieds ? Un avocat spécialisé rappelle que ce type de front commun reste rare et évoque le précédent de 2005. A l'époque, SFR, Bouygues Telecom et l'ex-France Télécom avaient été condamnés à une amende de 500 millions d'euros pour avoir échangé des données stratégiques.

Sur le plan commercial, la situation reste gelée depuis le refus par Altice, maison mère de SFR, de l'offre du trio le 14 octobre. Malgré le silence radio officiel, les discussions informelles se poursuivent en coulisses entre Orange, SFR, Bouygues Telecom et Free. Toutefois, aucun mouvement significatif n’a été observé depuis deux mois.

Patrick Drahi, le propriétaire d'Altice, a tenté en novembre une manœuvre pour faire monter les enchères. Il a mis en vente NetCo, l'entité regroupant le réseau fibre de SFR, dont la valorisation oscille entre 4,5 et 6 milliards d'euros. Cette initiative n'a pas suffi à débloquer les négociations, laissant l'Autorité de la concurrence dans l'attente d'une saisine officielle qu'elle promet d'étudier. « sans a priori ».

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