En novembre 2025, la Mutualité Française et l’Association des Maires de France publiaient la troisième édition de leur Baromètre sanitaire et social avec un constat simple : sur les douze derniers mois, 65 % des Français avaient renoncé à se faire soigner. Derrière ce chiffre global se cache une réalité propre à la santé mentale, documentée avec de plus en plus de précision, celle d’un système qui peut rencontrer des difficultés à répondre à une demande en forte augmentation, ni à la répartir équitablement sur l’ensemble du territoire.
Pourtant, la santé mentale a été érigée en Grande Cause Nationale en 2025, cause reconduite pour 2026 par le gouvernement. L’intention politique est réelle. Les structures capables d’en faire une réalité peinent à suivre.

Une fracture territoriale qui ne se résorbe pas
Le premier obstacle à l’accès aux soins psychologiques en France n’est pas financier : il est géographique. Le Baromètre sanitaire et social 2025 met en avant des déséquilibres que les auteurs eux-mêmes qualifient de « critiques » dans la densité des psychologues, psychiatres et pédopsychiatres selon les territoires. D’un département à l’autre, le nombre de psychiatres peut varier de 1 à 14. Certains départements, comme l’Allier ou le Cantal, ne disposent plus de pédopsychiatres, alors qu’un jeune sur quatre présente des signes de dépression dans ces mêmes zones.
Cette inégalité territoriale n’est pas nouvelle, mais elle s’aggrave. Les déserts médicaux, longtemps associés à la médecine générale, concernent désormais la santé mentale avec la même intensité, voire davantage, en milieu rural et périurbain. Selon la Fondation FondaMental, dont les données s’appuient sur les chiffres de Doctolib, le délai médian d’attente pour un premier rendez-vous chez un psychologue atteint 24 jours dans le Grand Est, contre 8 jours en Île-de-France. Pour les centres médico-psychologiques publics (CMP), les délais sont bien plus longs : l’attente se mesure régulièrement en mois, notamment en pédopsychiatrie, où certaines familles attendent entre 18 et 24 mois pour une première consultation.
Pour un adulte actif résidant en zone périurbaine ou rurale, la recherche d’un professionnel disponible dans un délai raisonnable peut prendre plusieurs semaines de démarches, avant même qu’une relation thérapeutique puisse s’établir.
La demande augmente ; l’offre, insuffisamment
La pandémie a joué le rôle d’accélérateur que redoutaient les épidémiologistes. Les indicateurs de souffrance psychologique ont progressé dans toutes les tranches d’âge, avec une intensité particulière chez les jeunes adultes : selon le ministère des Solidarités, un Français sur quatre sera confronté à un trouble mental au cours de sa vie, et 23 % des Français déclarent ne pas prendre soin de leur santé mentale, une proportion qui monte à 38 % chez les 18-24 ans.
Face à cette demande, l’offre de soins spécialisés progresse trop lentement pour combler l’écart. Le nombre de psychologues a certes doublé en dix ans, mais cette croissance reste inégalement répartie sur le territoire, selon le Baromètre sanitaire et social 2025. Dans les établissements publics psychiatriques, 40 % des structures ont déclaré un quart de leurs postes vacants en 2024, selon la Fédération hospitalière de France. Le résultat est prévisible : les listes d’attente s’allongent, les CMP sont saturés et les urgences hospitalières absorbent une part croissante de la détresse psychologique faute d’alternatives.
Le dispositif « Mon soutien psychologique », lancé en 2022 pour permettre le remboursement jusqu’à 12 séances annuelles chez un psychologue agréé, représente une réelle avancée. Mais ses limites structurelles sont connues. Début 2025, le réseau ne comptait qu’environ 5 500 psychologues partenaires sur l’ensemble du territoire, un réseau encore insuffisant pour couvrir les zones les moins dotées, et un plafond annuel de 12 séances qui correspond davantage à un accompagnement ponctuel qu’à un accompagnement régulier sur la durée. Enfin, il est important que la première séance se fasse en personne.
La stigmatisation comme barrière invisible
À ces obstacles structurels s’ajoute un autre, moins visible dans les statistiques mais tout aussi déterminant : la stigmatisation. Selon les données du ministère des Solidarités, 70 % des Français soutiennent au moins un stéréotype concernant les personnes atteintes de troubles de santé mentale. Cette réalité culturelle a un impact direct sur les comportements de soins : la décision de consulter un professionnel implique, pour beaucoup, d’assumer publiquement une démarche que la société continue de percevoir comme un signe de fragilité.
En France plus qu’ailleurs, la thérapie reste associée dans l’imaginaire collectif à une crise grave, à un traitement psychiatrique ou à une démarche longue et coûteuse réservée à ceux qui en ont les moyens et le temps. Or, comme le souligne le plan Santé Mentale et Psychiatrie publié par le gouvernement en juin 2025, la prévention et la détection précoce constituent précisément les leviers les plus efficaces pour alléger la charge qui pèse sur le système de soins de longue durée, ce qui nécessite d’en élargir l’accès bien avant la crise déclarée.
Ce que la thérapie en ligne change réellement
C’est dans cet espace, entre demande non satisfaite, déserts médicaux et marasme culturel, que les plateformes de thérapie en ligne ont trouvé leur utilité. Non pas comme un substitut à la psychiatrie ou aux soins spécialisés, mais comme une réponse structurée à un besoin de soutien psychologique régulier que le système traditionnel ne peut, aujourd’hui, couvrir pour tous. De toute évidence, ils constituent davantage un complément qu’un substitut.
La plateforme BetterHelpl’une des plus grandes plateformes de thérapie en ligne au monde, est utilisée par plus de 6 millions de personnes dans le monde. En France, elle met en relation ses utilisateurs avec des psychologues et psychothérapeutes diplômés, inscrits à l’Agence Régionale de Santé (ARS) et titulaires d’un numéro RPPS, dans le cadre d’un processus de vérification des qualifications, des immatriculations professionnelles et de l’expérience qui s’applique préalablement à toute collaboration. Le réseau compte aujourd’hui plus de 400 thérapeutes francophones référencés en France, dont plus de 70 % ont plus de cinq ans d’expérience.
Ce que ce modèle résout en premier lieu, c’est le problème géographique. Un utilisateur résidant dans le Cantal, dans les Hauts-de-France ou en zone périurbaine a accès aux mêmes professionnels qu’un utilisateur parisien, via une séance vidéo, par téléphone ou par écrit. De plus, les utilisateurs peuvent échanger des messages écrits avec leur thérapeute entre les séances. La contrainte du voyage disparaît, et avec elle l’une des raisons pour lesquelles une démarche thérapeutique est reportée ou abandonnée.
Comme détaillé une analyse publiée par NeozOne dédiées aux outils numériques appliqués à la santé mentale, ces plateformes s’attaquent à trois freins fréquemment évoqués par les personnes qui renoncent à consulter : les délais d’attente, les contraintes horaires et l’éloignement géographique.
La flexibilité comme facteur d’observance thérapeutique
L’accès à un professionnel qualifié n’est qu’une partie du défi. L’autre est l’adhésion à long terme, c’est-à-dire la capacité d’un utilisateur à maintenir une surveillance régulière au-delà des premières semaines. Mais c’est précisément là que les contraintes logistiques du modèle traditionnel provoquent le plus de perturbations : un créneau manqué, un retard dans l’obtention du prochain rendez-vous, une période de forte activité professionnelle, autant de facteurs qui interrompent le suivi avant qu’il n’ait eu le temps de produire ses effets.
Le modèle d’abonnement de BetterHelp, qui démarre à 45 euros par semaine, intègre une logique de continuité. L’abonnement peut être interrompu et repris à tout moment selon les modalités, dans la mesure du possible avec le même thérapeute. La possibilité d’échanger des messages écrits entre les séances, auxquels le thérapeute répond selon ses disponibilités, entretient un fil d’appui entre les séances formelles, sans imposer la rigidité d’un agenda fixe. Selon un rapport interne de BetterHelp, 83 % des utilisateurs français ont continué à travailler avec leur thérapeute au-delà de la première séance en 2025, un indicateur qui suggère une solide observance thérapeutique dès les premières semaines.
Dans son étude sur le service aux francophones de l’étranger, Le Petit Journal souligne que cette continuité est précisément ce qui distingue les plateformes sérieuses des solutions ponctuelles : la valeur du soutien psychologique se construit dans la régularité et non dans l’intensité d’une séance isolée.
Un complément, pas une compétition
Il serait inexact de présenter la thérapie en ligne comme une solution universelle ou comme un remplacement de soins spécialisés. BetterHelp n’est pas destiné aux situations de crise aiguë, aux urgences psychiatriques ou aux personnes nécessitant un suivi médical supervisé. La plateforme fonctionne également comme une plateforme de mise en réseau : les thérapeutes qui y travaillent sont des prestataires indépendants, responsables de la relation thérapeutique, et exercent dans le respect des règles déontologiques applicables à leur profession.
Ce que ce modèle offre en revanche, c’est un accès structuré à un soutien psychologique régulier pour les personnes dont les besoins anticipent la crise, celles qui gèrent un stress professionnel chronique, celles qui traversent une période de transition personnelle ou celles qui recherchent simplement un espace de parole qualifié sans les contraintes du bureau. En France, selon les données internes de BetterHelp, 40 % des utilisateurs accèdent à une thérapie pour la première fois via la plateforme, une donnée qui illustre la capacité de ce modèle à toucher des personnes que le système traditionnel n’atteignait pas.
Comme l’explique Pierre Valentin, Country Manager de BetterHelp France dans une interview publiée par Magazine Influencela vocation de la plateforme est justement d’occuper cet espace intermédiaire : répondre à une demande de soutien qui existe, qui est documentée, et qui ne trouve aujourd’hui pas de réponse satisfaisante dans les seuls systèmes publics.
Un enjeu de santé publique qui transcende les divisions
La question de l’accès à un accompagnement psychologique en France n’est pas un débat entre partisans du numérique et défenseurs du bureau. Il s’agit d’un enjeu de santé publique dont les termes sont clairs : la demande dépasse l’offre, les inégalités territoriales s’aggravent et les outils capables d’élargir l’accès sans dégrader la qualité des soins méritent d’être examinés sérieusement.
Des plateformes comme BetterHelp ne résolvent pas à elles seules la crise structurelle de la santé mentale en France. Mais en mettant à disposition, depuis n’importe quel territoire, un accompagnement assuré par des psychologues et psychothérapeutes diplômés inscrits à l’ARS, ils contribuent à combler un vide que ni les CMP saturées, ni les pratiques libérales concentrées dans les métropoles, ni le dispositif « Mon accompagnement psychologique » dans ses limites actuelles ne parviennent à combler. C’est une contribution modeste à l’échelle du défi, mais elle est réelle et elle répond à un besoin qui le site Vos psychologues décrite, dans son évaluation de la plateforme, comme structurelle et durable.
En 2026, deuxième année consécutive de la Grande Cause nationale pour la santé mentale, la question n’est plus de savoir si le numérique a sa place dans l’accès aux soins psychologiques. Il garantit que les outils disponibles, publics et privés, en personne et en ligne, fonctionnent ensemble plutôt que séparément, au service d’une population dont les besoins n’ont jamais été aussi visibles.






