L’enquête sur la fraude fiscale, notamment celle menée par la Direction générale des Finances publiques (DGFiP), prend un nouveau tournant. Un adolescent de 16 ans a été mis en examen à Paris, soupçonné d’avoir participé au vol de données fiscales revendiqué par le groupe de hackers ZeroBytes. Il a été placé sous contrôle judiciaire. Cette intrusion a exposé les informations personnelles d’au moins 678 000 individus et professionnels.

Un adolescent de 16 ans suspecté d’appartenir à ZeroBytes
Le jeune homme, âgé de 15 ans au moment des faits, est connu sous le pseudonyme « Cap », selon Le Monde. Il a été mis en examen pour extraction frauduleuse de données contenues dans un système automatisé de traitement des données personnelles de l’État, en bande organisée, ainsi que pour accès et maintien frauduleux dans ce système.
Son avocat, Me Réda Ghilaci, a rappelé qu’il bénéficiait de la présomption d’innocence. La défense remet en question la solidité des accusations et prévoit de les contester. Le placement sous contrôle judiciaire tient compte, en particulier, de son âge au moment des faits.
Ce jeune homme serait le deuxième membre présumé de ZeroBytes à être mis en examen dans cette affaire. Un autre suspect, âgé de 18 ans et connu sous le pseudonyme « ChatNoir », avait déjà été formellement mis en examen en août et placé en détention préventive. Les enquêteurs soupçonnent que les deux jeunes hommes aient agi de concert dans plusieurs affaires de cybercriminalité.
678 000 personnes touchées par le vol de données
Le piratage fiscal a permis aux hackers de dérober des données concernant au moins 678 000 personnes et professionnels, selon la DGFiP. Parmi les informations exposées figurent notamment le nom et prénom, le revenu fiscal de référence, le quotient familial et le type de prélèvement à la source.
L’attaque a été revendiquée à la mi-août par ZeroBytes, qui prétend avoir vendu les données volées pour plusieurs milliers d’euros. Toutefois, cette affirmation n’a pas pu être vérifiée de manière indépendante. L’intrusion semblerait avoir reposé sur l’utilisation d’identifiants légitimes compromis appartenant à des agents et non sur une attaque technique particulièrement sophistiquée.
L’affaire est supervisée par l’Office de lutte contre la cybercriminalité (Ofac), rattaché au parquet de Paris. Les enquêteurs s’intéressent également à d’autres intrusions attribuées aux suspects. Le groupe Epsilon, considéré comme un possible précurseur de ZeroBytes, est particulièrement associé à plusieurs attaques visant des entreprises et des services en ligne.
À la suite de cet incident, l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (Anssi) a recommandé de renforcer la protection des accès, notamment en généralisant l’authentification à plusieurs facteurs. Cette méthode ajoute une vérification supplémentaire au mot de passe et limite les risques liés aux identifiants volés.






