Amazon annonce qu’il mettra fin à la livraison gratuite ainsi qu’à la remise de 5 % sur les livres neufs retirés dans ses consignes automatiques en France. Cette décision vise à apaiser les tensions existantes depuis près de deux ans entre le géant du commerce en ligne et les librairies, ainsi que les enseignes telles que la Fnac et Cultura, au sujet de l’application de la loi Darcos.

Casiers privés des avantages liés aux livres
Amazon continuera de proposer ses avantages pour les commandes à retirer auprès des guichets et à l’accueil des magasins spécialisés dans la vente de livres. « Nous avons décidé de concentrer la remise de 5 % et la livraison gratuite sur les points de retrait aux guichets et à l’accueil des magasins, excluant ainsi les consignes automatiques. Notre objectif demeure inchangé : soutenir la lecture et garantir l’accès aux livres sur l’ensemble du territoire français. Nous espérons que cette initiative recentrera le débat sur les véritables enjeux. » a déclaré un porte-parole d’Amazon France au Figaro.
Cette décision fait suite à plusieurs mois de tensions concernant l’application de la réglementation française par Amazon. Depuis 2023, la loi Darcos impose des frais de livraison de 3 euros pour les commandes de livres neufs dont le montant est inférieur à 35 euros, à condition que le client ne retire pas ses achats directement dans une librairie. Ce dispositif vise à limiter l’avantage de certaines grandes plateformes, qui peuvent bénéficier de frais de livraison très réduits (1 centime dans le cas d’Amazon).
Amazon avait jusqu’alors maintenu un accès libre à ses consignes, même lorsque celles-ci étaient situées dans le parking d’un magasin disposant d’un rayon livres. Le médiateur du livre avait estimé en février 2025 que les retraits gratuits dans ces consignes ne semblaient pas conformes à la loi, contrairement aux retraits effectués directement à l’accueil ou aux caisses d’un commerce proposant effectivement des livres.
Malgré tout, Amazon affirme que cette modification aura un impact limité sur son réseau. « En pratique, la zone de couverture restera comparable et les clients continueront à bénéficier de ces avantages dans un large éventail de points de collecte, principalement situés dans les communes rurales et les petites villes. » a précisé le porte-parole.
Une lutte judiciaire qui se poursuit
Cette décision intervient quelques mois après une déconvenue judiciaire pour Amazon. Le 13 mai, le Conseil d’État a rejeté le recours d’Amazon contre le décret fixant les frais minimaux de livraison, considérant le système conforme au droit européen. Le tribunal a notamment jugé que cette réglementation contribuait à maintenir un réseau dense de librairies et à préserver la diversité des acteurs dans le secteur de la vente de livres.
La décision d’Amazon se produit alors que les représentants des librairies, du Syndicat des distributeurs de loisirs culturels et de la Fnac préparent un recours devant le Tribunal économique de Paris. Amazon soutient toujours que ses conditions commerciales étaient conformes à la réglementation, mais a décidé d’exclure désormais les consignes de son système de livraison gratuite et de remise de 5 % pour les livres en France.
Ce changement concerne une portion minoritaire des quelque 3 000 points de collecte d’Amazon en France. Le groupe souhaite désormais mettre un terme à ce conflit commercial et recentrer les discussions du secteur sur d’autres enjeux, notamment la baisse de la lecture.






