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AI : l’Arcep alerte sur le manque de transparence et son impact environnemental

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Arcep estimé que l’évaluation de l’empreinte environnementale des modèles d’intelligence artificielle générative reste aujourd’hui très incomplète, principalement à cause du manque de transparence des entreprises qui les conçoivent. Pour le régulateur, cette opacité empêche encore une mesure sérieuse des impacts sur l’ensemble de la chaîne de valeur et limite donc la capacité à les anticiper ou à les contenir.

Intelligence artificielle

Les datacenters pour l’IA montrent un changement d’échelle

Le point soulevé par l’Arcep dépasse la seule question de la consommation visible d’électricité. Le régulateur explique que les grands groupes technologiques et les sociétés d’IA, majoritairement américaines, communiquent trop peu sur le fonctionnement de leurs modèles, leurs conditions de fabrication et leurs besoins énergétiques. Cette faiblesse devient d’autant plus problématique que l’adoption de l’IA générative progresse très rapidement.

En France, 48 % des personnes interrogées déclarent avoir utilisé l’IA générative (ChatGPT, Claude, Gemini…) en 2025. Pour l’Arcep, cette diffusion rapide change l’échelle du sujet, notamment dans la phase d’inférence, c’est-à-dire l’utilisation concrète de modèles par les utilisateurs, encore moins documentée que les phases de développement ou de formation.

Le régulateur met un accent particulier sur les centres de données qui concentrent les capacités de calcul nécessaires au développement de l’intelligence artificielle. En France, leur consommation électrique a augmenté de 12 % en 2024, selon une autre étude de l’Arcep.

Consommation d'électricité Volume d'eau Data Center Intelligence artificielle IA France

Cette augmentation provient principalement des nouveaux datacenters mis en service ces dernières années. Le changement de taille est net : les datacenters ouverts en 2023 avaient une capacité informatique moyenne de 9 MW, contre 3 MW pour les centres plus anciens, alors que ceux mis en service en 2024 atteignent déjà 20 MW en moyenne.

Cette montée en puissance se reflète également dans les émissions associées. L’Arcep indique que les émissions de gaz à effet de serre liées à ces infrastructures ont bondi de 23% en 2024.

L’Arcep pousse l’Europe à plus de supervision

Face à ce constat, l’Arcep a adressé plusieurs recommandations à la Commission européenne. Le régulateur souhaite inscrire le développement de l’IA dans un cadre compatible avec les limites planétaires, ce qui nécessite d’abord de rendre plus visibles ses effets.

Parmi les pistes avancées figurent une plus grande transparence environnementale pour les fabricants de puces et les grands fournisseurs de modèles et de services d’IA, le recours à des méthodologies internationales standardisées pour mesurer les impacts, ainsi que l’intégration de l’écoconception dans la réglementation européenne du secteur.

Le rapport met implicitement en évidence un problème plus vaste que la simple croissance des infrastructures. Tant que les acteurs de l’industrie ne fourniront pas de données plus comparables et vérifiables, le débat sur l’empreinte environnementale de l’IA restera partiel.

Autrement dit, l’Arcep ne se contente pas de dire que l’IA consomme davantage. Surtout, elle explique qu’il nous manque encore les informations nécessaires pour mesurer correctement ce que coûte réellement cette croissance sur le plan environnemental.

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