Google propose de modifier certaines règles de son moteur de recherche pour éviter une nouvelle amende de la Commission européenne sur les résultats d’actualités. Selon Bloombergle groupe cherche à désamorcer un dossier sensible sur la monétisation des éditeurs, avec en toile de fond le risque d’une injonction formelle et de lourdes sanctions au titre du Digital Markets Act (DMA).

Le cœur du sujet ne porte pas sur un changement général d’algorithme, mais sur une politique interne qui peut pénaliser les éditeurs lorsqu’ils hébergent des contenus publicitaires fournis par certains partenaires commerciaux. Google souhaite désormais assouplir cette règle pour que certains sites d’information puissent conserver ces contenus tiers sans risquer une dégradation de son index.
Si cette proposition convainc à la fois les concurrents du marché et les régulateurs européens, Google pourrait éviter une décision l’obligeant à modifier ses pratiques dans le cadre du DMA. L’entreprise se protégerait également d’éventuelles sanctions pouvant aller jusqu’à 10 % de son chiffre d’affaires annuel mondial.
Cette décision intervient alors que la Commission européenne surveille déjà de près la manière dont Google applique sa politique « sur l’abus de réputation d’un site ». En novembre, la Commission européenne a estimé que cette règle semblait concerner directement une méthode courante et légitime utilisée par les éditeurs pour monétiser leurs sites et leurs contenus.
Google a déclaré dans un communiqué qu’il «continué à collaborer de manière constructive» avec la Commission européenne. « Notre priorité est de garantir que les résultats de recherche restent pertinents et utiles aux utilisateurs, et de les protéger contre les pratiques trompeuses telles que le « spam SEO » qui nuisent au Web. »
Une pression européenne beaucoup plus large sur Google
Cette enquête sur les résultats de l’actualité, ouverte à la fin de l’année dernière, ajoute au fardeau déjà lourd de Google en Europe. Le groupe a déjà accumulé 9,5 milliards d’euros d’amendes dans quatre affaires distinctes, un niveau sans équivalent parmi les grandes entreprises technologiques ciblées par les autorités européennes.
Surtout, la dispute ne s’arrête pas là. Google reste exposé à d’autres enquêtes menées dans le cadre du DMA, notamment sur un éventuel traitement préférentiel accordé à ses propres services en recherche et sur les restrictions imposées aux développeurs Android pour orienter les utilisateurs vers des offres extérieures au Play Store.
Toutefois, ces autres dossiers avancent dans un climat plus politique. Au sein de la Commission européenne, leur traitement a été ralenti par la crainte d’alimenter encore davantage les tensions avec le président américain Donald Trump qui avait déjà menacé l’Union européenne de droits de douane après une sanction de près de 3 milliards d’euros imposée à Google.
Pour Google, l’objectif n’est pas seulement de corriger une politique contestée, mais aussi d’éviter qu’un nouveau dossier n’augmente encore ses responsabilités réglementaires en Europe.






