Les jeux vidéo, l’intelligence artificielle et les VPN représentent-ils un danger pour les jeunes ? Emmanuel Macron se pose la question et demande à des experts de se pencher sur ces sujets.

Les VPN resteront autorisés en France
Le chef de l'Etat a accordé une interview avec le média Brutdeux jours après avoir posé des questions aux utilisateurs de ses sites contre la désinformation. L'objectif est d'expliquer les mesures destinées à protéger les adolescents des écrans qui, selon lui, génèrent « traumatisme » Et » souffrance « .
Si le texte voté à l'Assemblée nationale est définitivement adopté, les réseaux sociaux seront interdits aux moins de 15 ans à partir de septembre. Une vérification de l'âge sera nécessaire pour se connecter, mais le président promet « zéro conservation » données personnelles et le maintien de l’anonymat. Les VPN, souvent utilisés pour contourner les restrictions locales, resteront « autorisé »dit-il. Les contenus et les usages de chacun sur les plateformes ne feront l'objet d'aucune surveillance.
« On ne va pas mettre un policier derrière chaque famille, chaque écran »a insisté Emmanuel Macron. Il admet que les contournements persisteront, comme la consommation d'alcool par des mineurs. Cette comparaison met en évidence les limites pratiques de toute interdiction légale sans système de contrôle massif.
Les jeux vidéo et les chatbots IA à enquêter
Emmanuel Macron a demandé à des experts d'étudier d'ici mai-juin les dangers des jeux vidéo pour la santé mentale des jeunes. Si un « consensus scientifique » établit que l'impact de certains jeux vidéo « c'est très mauvais » sur les jeunes, surtout ceux où nous passons « cinq à six heures par jour tuant des gens », « il faudra peut-être interdire »il a prévenu.

Parallèlement, deux professeurs en psychiatrie et addictologie analyseront les agents IA et chatbots pour déterminer s'ils provoquent « troubles, addictions, souffrances en matière de santé mentale chez les jeunes et les adolescents ». Cette expertise pourrait conduire à de nouvelles règles, voire à des interdictions.
Le président, qui a longtemps privilégié la coopération avec les géants américains de la technologie, affirme désormais vouloir « reprendre le contrôle » par une réglementation plus stricte de ce qu'il décrit comme « Le Far West » numérique.
Une liste d’exigences européennes pour réguler les plateformes
Emmanuel Macron a élaboré sa feuille de route avec l'Union européenne, responsable d'une grande partie de cette réglementation. Il veut que la Commission européenne « impose un marquage IA » : lorsque des contenus sont créés avec l'intelligence artificielle, « made with AI » doit être écrit en bas, précise le chef de l'Etat.
Par ailleurs, il estime que les pays membres de l'Union européenne doivent exiger des réseaux sociaux accessibles dans l'UE que leur algorithme soit « transparent pour tous ». Les plateformes devraient également garantir que « Derrière chaque compte il y a une vraie personne »interdire « faux comptes, bots, trolls ».
Plateformes qui ne respectent pas ces règles, ou diffusent « contenu illégal » en France (les racistes ou les antisémites par exemple) doivent rendre des comptes à la justice nationale, a-t-il soutenu.
« Nous savons que les Russes achètent massivement des millions de faux comptes en période électorale »a prévenu Emmanuel Macron. « C'est un énorme levier d'interférence »a-t-il ajouté, soulignant la dimension géopolitique de la manipulation numérique.






