ByteDance a choisi de sortir le chéquier in extremis pour éviter une confrontation judiciaire aux Etats-Unis en lien avec l'addiction aux réseaux sociaux. La société mère de TikTok a conclu un accord confidentiel pour mettre fin au procès d'une famille l'accusant d'avoir rendu leur enfant malade via ses algorithmes. Les conditions financières de cet accord n'ont pas été rendues publiques.

TikTok lié à la dépendance aux réseaux sociaux
Ce règlement à l'amiable permet à ByteDance d'échapper au déballage public de ses méthodes de rétention d'attention. TikTok n'est pas le seul à fuir la salle d'audience : Snap, propriétaire de Snapchat, a adopté la même stratégie la semaine dernière en scellant un accord similaire. En revanche, le front des accusés craque puisque Meta (Facebook, Instagram) et Google (YouTube) n'ont pas transigé. Ces deux mastodontes vont donc devoir affronter le regard de la justice et répondre aux accusations lors du procès qui s'ouvre à Los Angeles.
Les enjeux ne sont pas négligeables pour ces entreprises. Contrairement aux recours collectifs habituels, ce procès permet aux jurés d’évaluer directement l’impact des réseaux sociaux sur des mineurs spécifiques, témoignages médicaux et psychologiques à l’appui. Les avocats des plaignants espèrent obtenir des dommages et intérêts substantiels, tout en obligeant les réseaux sociaux à modifier leurs fonctionnalités jugées dangereuses.
Au cœur de cette affaire avortée pour TikTok se trouve le cas d’une jeune Californienne de 19 ans, identifiée par les initiales KGM. Ses avocats avancent que l'adolescente a développé une addiction sévère dès l'âge de 14 ans, entraînant anxiété, dépression et troubles de l'image corporelle. La plainte visait spécifiquement les mécanismes de l'application, tels que le défilement infini et les notifications intrusives, qui, selon l'accusation, sont conçues pour créer des pics de dopamine et piéger les mineurs dans une boucle addictive.
Les familles plaignantes dénoncent également l’exposition constante à des contenus toxiques que les algorithmes continuent de promouvoir, même après que les utilisateurs montrent des signes de détresse. Cette problématique va bien au-delà de TikTok : plusieurs études récentes ont établi un lien entre l’usage intensif des réseaux sociaux et l’explosion des troubles mentaux chez les adolescents américains ces dernières années.
Une épreuve juridique qui secoue la Silicon Valley
Cet essai était un test national. Il s’agissait d’un baromètre pour évaluer la responsabilité des plateformes dans la crise de santé mentale qui touche la jeunesse américaine. Les verdicts obtenus dans ce type de cas pilotes servent généralement de référence pour négocier des règlements en cascade dans des milliers d’autres cas similaires.
Si TikTok s’est acheté la paix pour ce cas précis, la menace juridique demeure. Des milliers d'autres plaintes similaires, déposées par des familles, des districts scolaires et des procureurs généraux d'une douzaine d'États, attendent toujours leur tour devant les tribunaux. Les entreprises technologiques restent pour l’instant protégées par l’article 230 du Communications Decency Act, qui les immunise contre les contenus publiés par leurs utilisateurs, mais cette défense s’érode peu à peu face aux accusations liées à la conception même des plateformes.






