La France accélère sa stratégie de souveraineté numérique en annonçant la généralisation des Visio pour l’ensemble de la fonction publique de l’État d’ici 2027. Cette décision marque la fin programmée de l’ère des géants américains comme Microsoft Teams et Zoom au sein des ministères, l’objectif étant de s’affranchir définitivement des solutions étrangères pour les communications quotidiennes de l’administration.

Visio plutôt que Teams ou Zoom en France
Cette transition vers la souveraineté technologique s'appuie sur une solution open source déjà testée par 40 000 agents, notamment à l'Assurance maladie et au ministère des Armées. Le gouvernement ne transige pas sur la sécurité : l'hébergement des données est confié à Outscale, filiale de Dassault, qui bénéficie de la certification SecNumCloud délivrée par l'ANSSI. Ce label est crucial pour garantir que les échanges étatiques sensibles ne transitent plus par des serveurs potentiellement soumis à des lois extraterritoriales.
L’outil se veut aussi agile que sécurisé. Techniquement, Visio fonctionne directement via un navigateur Web, éliminant ainsi le besoin d'installations logicielles lourdes. La plateforme prend en charge des réunions jusqu'à 150 participants simultanément et propose des fonctionnalités d'enregistrement, rivalisant ainsi avec les standards du marché.
Tous les agents publics peuvent utiliser Visio gratuitement avec leur compte professionnel et créer des réunions. Si une réunion est ouverte à des personnes externes, toute personne disposant du lien peut la rejoindre (prestataire, partenaire, etc.).
De plus, Visio a fait l'objet d'une approbation de sécurité approfondie par le RSSI DINUM : bug bounty, audits externes de l'infrastructure et du code, revues régulières. Il est exploité conformément aux exigences de sécurité de l'État.
L'IA française à l'œuvre pour réduire la facture
Au-delà de la visioconférence classique, le projet intègre des briques d'intelligence artificielle « Made in France ». La start-up Pyannote gère déjà la transcription et la distinction des locuteurs. D’ici l’été 2026, l’écosystème s’enrichira avec l’arrivée du laboratoire Kyutai et son modèle Moshi pour assurer le sous-titrage en temps réel. Ces partenariats démontrent la maturité technologique des acteurs français pour construire une suite complète.
L’argument budgétaire pèse également lourd dans la balance. L'État estime qu'en abandonnant les coûteuses licences américaines au profit de cette solution maison, on économisera 10 euros par agent. Ce déploiement national a donc un double objectif : reprendre la maîtrise des données stratégiques tout en rationalisant les dépenses publiques.






