La Commission européenne ouvert une enquête contre Shein pour violations présumées du Règlement sur les services numériques (DSA), exposant la plateforme à une amende pouvant aller jusqu'à 6% de son chiffre d'affaires annuel. Trois griefs structurent l'offensive de l'UE : la vente de produits illégaux découverts en octobre (poupées sexuelles enfantines et armes), les mécanismes addictifs de la plateforme et l'opacité de son algorithme de recommandation.

Shein est dans le viseur de l'Europe
Le DSA exige que les plateformes en ligne protègent leurs utilisateurs contre les contenus et produits illégaux ou dangereux. Shein, classée parmi les très grandes plateformes, subit un régime de contrôles renforcés. « Dans l’UE, les produits illégaux sont interdits de vente, que ce soit en magasin ou en ligne »rappelle Henna Virkkunen, vice-présidente de la Commission chargée du numérique. Elle défend le DSA comme un outil qui « protège les consommateurs, veille à leur bien-être et leur informe sur les algorithmes avec lesquels ils interagissent »tandis que les États-Unis accusent régulièrement cette réglementation d'entraver la liberté d'expression et de cibler les entreprises étrangères.
Un porte-parole de Shein a réagi à l'AFP en déclarant : « Nous prenons très au sérieux nos obligations au titre du DSA. Nous avons toujours pleinement coopéré avec la Commission européenne et continuerons de le faire tout au long de ce processus. » Le groupe, fondé en Chine en 2012 et désormais basé à Singapour, avait lui-même bloqué sa place de marché française pendant deux mois à la suite du scandale. Il l'a rouvert début janvier après avoir éliminé les vendeurs et les produits problématiques et mis en place des garanties.
Cette procédure européenne subit la pression française. Depuis novembre, la France multiplie les initiatives contre Shein après la découverte de poupées et d'armes pédopornographiques. N'ayant pas réussi à obtenir une interdiction totale du site, l'État français a saisi la justice pour bloquer la place de marché dédiée aux vendeurs tiers. Le tribunal doit se prononcer sur cette demande le 19 mars, date qui pourrait marquer un nouveau tournant dans l'offensive réglementaire contre la plateforme.






