Le gouvernement français lance une offensive judiciaire sans précédent contre Shein et demande à la justice d'ordonner le blocage de son site en France sous 48 heures. Trois ministres ont convoqué la plateforme pour obtenir une suspension de trois mois, soulignant la persistance de la vente de produits « gravement illicite » malgré les premières mises en demeure.

Une demande de blocage express pour Shein en France
La demande du gouvernement, portée par les ministres de l'Intérieur, des PME et des Comptes publics, est claire : obtenir une coupure d'accès au site fr.shein.com sous 48 heures. Cette injonction, relayée par Les Informésvise d'abord l'éditeur irlandais de Shein, Infinite Styles Services Co. LTD, sous peine d'une astreinte de 10 000 euros par jour de retard.
De manière inédite pour un acteur de cette taille, la demande concerne également les principaux fournisseurs d'accès Internet français (Orange, SFR, Bouygues Télécom, Free). L’objectif est d’assurer un double blocage rapide et efficace. Le gouvernement souhaite également confier à l'Arcom la mission de superviser la mise en œuvre de cette mesure.
Armes, drogues et pédopornographie : de graves accusations
Pour justifier cette procédure d'urgence, le gouvernement s'appuie sur les constatations de la prévention des fraudes (DGCCRF). La convocation met en lumière la poursuite de la vente de produits dangereux, même après les premiers avertissements. Les autorités évoquent la présence d'armes de catégorie A, comme des machettes ou des coups de poing américains, vendues librement.
Le site est également accusé d'héberger des publicités pour des médicaments antidiabétiques utilisés à mauvais escient comme coupe-faim, dont la vente en ligne est interdite. Surtout, le gouvernement insiste sur la découverte de poupées pédopornographiques, soulignant qu'un article a été intercepté le 3 novembre alors que la plateforme était déjà en cause. L'absence de contrôle parental efficace sur les articles pornographiques est également soulignée.
Aujourd'hui, Serge Papin, le ministre du Commerce, a dénoncé d'autres plateformes à la justice. Il s'agit entre autres d'Amazon, AliExpress, Joom, eBay, Temu et Wish.






