L'Autorité de la Concurrence va lancer une enquête approfondie sur des chatbots tels que ChatGPT et Gemini pour analyser leur intégration croissante avec le secteur du commerce électronique et de la publicité. Le régulateur français cherche à anticiper les bouleversements concurrentiels que pourrait provoquer l’essor du commerce agent, où l’intelligence artificielle effectue des achats de manière autonome.

Agents d'IA autonomes et publicité ciblées par le régulateur
L’enquête se concentrera sur deux catégories d’outils : les robots conversationnels classiques générant du contenu via des invites et les agents IA plus sophistiqués. Ces derniers, capables d'effectuer des tâches autonomes comme la prise de rendez-vous ou la recherche en ligne, intéressent particulièrement l'institution.
L'Autorité de la concurrence examinera également l'arrivée de la publicité au cœur de ces interfaces génératives. Elle suit de près les tests en cours, comme la fonction AI Overviews de Google, pour évaluer leurs potentielles répercussions anticoncurrentielles avant leur probable déploiement en France.
Les IA deviennent de véritables plateformes d'achat
L'organisme de surveillance de la concurrence constate que des services comme Gemini de Google, Le Chat de Mistral ou Copilot de Microsoft évoluent vers le statut de plateforme à part entière. Ces outils permettent désormais aux utilisateurs d'accéder à des services tiers et d'effectuer des transactions sans jamais quitter la fenêtre de discussion.
Cette évolution répond à un besoin économique pressant : les acteurs du secteur cherchent à diversifier leurs usages et à trouver des leviers de monétisation pour atteindre la rentabilité. OpenAI a également initié ce mouvement fin septembre en lançant une fonctionnalité baptisée Instant Checkout permettant d'effectuer des achats directement depuis son interface, tandis que d'autres chatbots multiplient les liens vers des sites marchands.
Selon l’Autorité de la concurrence, l’ensemble de l’écosystème de la vente en ligne risque de devoir s’adapter à l’émergence soudaine de ce commerce piloté par des agents IA. L’objectif est de cartographier précisément les interactions entre ces nouvelles technologies et le commerce traditionnel pour identifier les risques concurrentiels. Une consultation publique sera ouverte prochainement et l’institution rendra ses conclusions définitives au cours de l’année 2026.






