La fonction de reconnaissance faciale n’est pas encore intégrée dans les lunettes connectées de Meta, mais elle déclenche déjà des tensions juridiques. Des parents, accompagnés de leurs enfants, originaires de l’Illinois et de Californie, ont déposé une proposition de recours collectif à l’encontre de la multinationale. « Étiquette de nom », une fonctionnalité actuellement inactivée, pourrait permettre à ces lunettes d’identifier les personnes que leur porteur observe.
NameTag suscite des inquiétudes avant même son lancement
L’existence du système NameTag a été révélée au début de l’année 2026. Un code découvert au sein de l’application Meta AI laissait entrevoir une technologie capable de créer une signature biométrique à partir des visages capturés par les lunettes, puis de les comparer à une base de données stockée sur le smartphone de l’utilisateur. Ce logiciel aurait été intégré sur des millions d’appareils sans jamais avoir été activé.

Les plaignants estiment que les données nécessaires pour réaliser ces comparaisons pourraient provenir de Facebook et d’Instagram, y compris des photos de profil, d’images étiquetées et de vidéos. Ils font également mention de plusieurs brevets obtenus par Meta, qui décrivent des systèmes reliant les données biométriques capturées par les dispositifs aux contenus des réseaux sociaux.
La confidentialité, un enjeu majeur pour les lunettes de Meta
Cette action en justice intervient à un moment où les ambitions de Meta en matière de lunettes intelligentes soulèvent de nombreuses questions. La société développe des modèles capables d’enregistrer leur environnement de façon continue, alors qu’une récente législation vise à interdire l’utilisation de la caméra lorsque la LED d’enregistrement est dissimulée.
Meta est pleinement consciente des enjeux juridiques associés aux données biométriques. En 2020, Facebook avait déjà accepté un dédommagement de 650 millions de dollars dans une affaire précédente liée à la collecte de données faciales. Avec NameTag, l’entreprise pourrait donc être amenée à défendre sa position avant même de déployer la fonctionnalité. Alors que les lunettes intelligentes deviennent de plus en plus autonomes et sophistiquées, leur acceptation par le public dépendra autant de leur performance technique que des garanties de confidentialité offertes aux personnes filmées.






