Le hub de données de santé sera hébergé par Scaleway à la place de Microsoft, une bascule qui se veut une étape clé vers un cloud souverain. L’enjeu va au-delà d’un simple changement de prestataire : il s’agit de lever le principal obstacle qui bloque l’exploitation élargie des données de santé françaises pour la recherche depuis 2019.

Scaleway plutôt que Microsoft pour la souveraineté
Le problème du Health Data Hub n’était pas seulement technique. D’emblée, le choix de Microsoft a fragilisé la plateforme car il a exposé un projet extrêmement sensible aux lois américaines, ces dernières permettant aux autorités américaines de revendiquer les données détenues par les acteurs américains du cloud, quelle que soit leur localisation.
Cette dépendance a empoisonné le projet dès son lancement. La CNIL n’a jamais autorisé un transfert global de l’ensemble des données de l’Assurance Maladie vers la plateforme, justement en raison du risque d’accès par les autorités américaines.
C’est cette barrière que l’exécutif cherche désormais à briser. Début février, le gouvernement avait déjà annoncé son intention de retirer Microsoft d’ici la fin de l’année, dans un contexte de pression croissante pour réduire la dépendance française vis-à-vis des grands fournisseurs technologiques américains.
En janvier 2025, le fournisseur de cloud d’Iliad a lancé la démarche d’obtention de la qualification SecNumCloud, le label de l’ANSSI destiné à garantir un hébergement protégé contre les interférences extra-communautaires et qui exclut de fait les géants américains.
Beaucoup de données de santé dans le cloud
La Plateforme Données de Santé présente ce transfert comme un levier pour accélérer l’accès aux données par les acteurs de la recherche et de l’innovation. Hela Ghariani, sa directrice, relie cette migration à une approche plus ancienne visant à renforcer la sécurité et la confiance autour du service.
L’enjeu est central car le Health Data Hub doit notamment accueillir une copie de toutes les données de santé des Français issues du SNDS, la base de données gérée par l’Assurance maladie. La promesse du système est de fournir aux chercheurs des données exhaustives et exploitables sur de longues périodes.
Le nouvel hébergement devrait permettre à la plateforme de gérer de manière autonome une copie de la base de données principale du SNDS entre fin 2026 et début 2027. Autrement dit, le passage à Scaleway ne vise pas seulement à changer de cloud, mais à rendre enfin opérationnel un projet dont l’hébergement chez Microsoft a empêché un véritable décollage.






